J’ai préparé ce brouillon d’article depuis un moment déjà ; et pour être exacte , cela fait 1 année que je perds en vitesse sur le blog et que je me posais des questions. J’ai tenté de me rebooster en retravaillant le design du blog , j’ai commencé à aborder des thématiques différentes aussi bien ici que sur snap et malgré tout, j’étais en dents de scie à savoir si je devais continuer ou pas ce « hobby ».
Initialement, le but était de tenir un journal de bord de mes expériences beauté et de raconter, à qui voulait me lire, ce que j’avais aimé, ou pas. En gros, j’ai acheté tel produit, voici ce que j’en pense de A à Z. Rapidement, avec un lectorat qui commence à se former et qui pose des questions, j’ai voulu être moins dans du partage d’émotions (subjectif) et avoir un peu plus de bagages de substance pour répondre. Cela m’a poussé à m’éduquer sur la question des cosmétiques, aussi bien en terme d’application et de formulation (à travers les livres des makeup artist connus, en suivant leur activité, d’autres youtubeuses et blogs avec une expertise bien pointue et en testant personnellement un maximum pour pouvoir faire des comparatifs). Et cette éducation sur le sujet des cosmétiques, j’en suis assez fière car je partais de LOIN (je mettais du bronzer Iman pailleté sur tout mon visage avant, je vous laisse imaginer le résultat sur peau grasse. YUCK) mais ça m’a permis d’écrire du contenu que vous avez trouvé pertinent.
J’estime avoir mené ma barque tranquillement avec un lectorat assez solide; sans trop faire de vague car tout d’abord, professionnellement parlant, il avait été découvert à ce moment que je tenais un blog et c’était devenu un sujet de moquerie difficile à gérér donc moins je me faisais remarquer à ce niveau, mieux ça passait. Et parce qu’éthiquement parlant, c’était assez touchy de critiquer certaines marques vendues au sein de l’enseigne de retail pour laquelle je travaillais. Je le faisais mais avec une certaine subtilité pour éviter de m’attirer des problèmes. Même si , contractuellement, rien ne m’empêchait de pointer du doigt une marque ou un produit, ça restait assez délicat.
Ce que j’ai toujours aimé, dans cette position de « blogueuse », c’était d’être la voix de la consommatrice lambda car techniquement je n’avais aucune attache avec la dite marque ou le dit distributeur. Donc mon discours était totalement dénué de parti pris. L’activité a commencé à devenir de plus en plus amusante pour moi au fur et à mesure que j’en apprenais sur les cosmétiques (en terme de compo, de développement , …) car mes revues sont devenues plus détaillées et, à juste titre, vous en attendiez plus de moi à ce niveau. Et concrètement, je les faisais plus détaillées pour avoir à éviter à répondre à plus de questions par la suite, on ne va pas se mentir.
Je ne me souviens pas l’avoir précisé , mais j’ai fait du recrutement de conseillères beauté confirmées et l’activité blogging m’a permis , en outre, d’être beaucoup plus pointue dans mon process d’évaluation et c’est vraiment la partie de mon job qui m’a le plus amusé. Donc , le blog me permettait de rester à jour en terme d’actualité cosmétiques (aussi bien en terme de technicité que de nouveauté produits);
Et il y a eu un switch à un moment donné, certains blogs (je dis bien CERTAINS et si tu te sens visée par ce que j’écris, va boire un verre d’eau et méditer) sont devenus des médias au service des marques. Est-ce qu’il y a quelque chose de négatif à ça? Absolument pas, prends ton argent, là ou tu peux le prendre ! Si tu parviens à convertir tes lectrices et à en faire de potentielles clientes pour les marques, bien sûr que tu mérites ta part du gâteau. Mais, il y a eu une « pression » supplémentaire pour les blogs de « l’ombre » comme le mien à maintenir cette transparence et à seconder toutes les revues qui étaient moins « détaillées ».
Et je peux concevoir que ça puisse commencer à être dérangeant pour certaines influenceuses de voir d’autres personnes , comme moi, soulever des points négatifs sur un produit qu’elles ont encensées mais les simples d’esprit prendront un raccourci et me jugeront de « rageuse » ou de « hater » (comme disent nos amis US), d’autres diront simplement que nos avis divergent. Pour moi, ce n’est pas un réel problème, pour d’autres, je commençais à sérieusement déranger.
Là ou ça commence à devenir polluant, c’est lorsque, tu tentes de faire abstraction de toute cette animosité à ton égard mais que les attaques sont faites en direct. Je ne rentrerai pas dans les détails mais sachez juste que celui qui se sent morveux , se mouche. (Belle expression, n’est-ce pas?). Mais qu’est-ce que cela prouve? Je vous laisse tirer la conclusion.
FENTY BEAUTY
La sortie de Fenty Beauty a été la période la plus anxiogène , et ce, à tous les niveaux. Que ce soit du côté des marques, des consommatrices, des influenceurs,… A titre perso, j’ai saturé sur les réseaux sociaux car ça tirait dans tous les sens, tout le monde proclamait détenir l’autorité en terme de diversité, tout le monde déversait sa science (Par exemple: C’est LVMH qui est propriétaire, pas Rihanna, Boycottez Sephora parce qu’ils ont envoyé untel à l’évènement, Fenty a décidé que, bla bla bla) et j’ai acheté des produits de la gamme en me disant que cela allait être compliqué de faire une revue sans s’attirer des foudres (celle de la Navy en 1er lieu) ou relancer des débats qui n’avaient rien à voir avec le produit en soi. Le débat était trop passionné pour donner son avis. Je ne crains pas les joutes verbales mais je pense que dans certaines situations, il vaut mieux attendre et s’exprimer à froid. J’avais néanmoins donné mon avis sur la position des distributeurs sur snap et je tenais à (déformation professionnelle ou pas) vous informer et vous éduquer sur le sujet pour ne pas que vous pensiez qu’il faut prendre tout ce qu’on lit sur les réseaux sociaux pour argent comptant.
AU SUJET DES DISTRIBUTEURS
J’ai occupé/j’occupe des fonctions support dans le retail et la grande distribution, il y a donc des mécaniques avec lesquelles je suis assez familière et que l’on retrouve , chez tous les distributeurs (comme les plans d’achats). Si, aujourd’hui, certains distributeurs ont le lead sur un marché (par exemple Sephora) et avec une politique plus « féroce » quant à l’entrée et la sortie d’une marque ou concernant le catalogue qui sera disponible au sein de l’enseigne , il faut néanmoins comprendre que tout ne dépend pas uniquement d’eux. Certes, il y a les stratégies décidées sur un plan national et auxquelles les marques doivent s’adapter (plier) si elles veulent voir leur offre en magasin. Mais la relation marques/distributeurs est bien plus complexe que ça. C’est extrêmement « politique » comme vous le savez mais en retour sachez aussi que certaines marques ne jouent pas le jeu pour élargir leur offre et toucher une clientèle plus large.
Partons du stand lambda chez un distributeur (ce n’est qu’un exemple): La marque X dispose d’un catalogue de 100 produits mais qui ne pourra pas tout exposer car la taille du stand et la logistique ne permet pas de tout stocker. Lors du plan d’achat , il a été conclu entre la marque X et le distributeur que seule 40 références allaient être exposées. Il est décidé conjointement (ou pas) des références qui seront pertinentes pour les points de vente, sur ces 40 références, la marque X dispose d’un fond de teint qui propose 40 teintes (dont 15 pour les peaux noires) mais toutes ne pourront pas être exposées par manque de place, voici les différents cas de figure:
- Au moment du plan d’achat, la marque X impose la vente et l’exposition de ses 40 teintes = Le distributeur est souple et dit oui , cool pour la marque , en espérant que ce fond de teint soit ultra lucratif et ce, sur toutes les teintes. La marque mise alors sur ce produit et réduira le nombre de ref des autres produits.
- Au moment du plan d’achat, la marque X tente un bras de fer avec la marque pour imposer l’exposition et la vente de ses 40 teintes = Le distributeur dit non et ne commande que quelques teintes car il a une stratégie bien définie(devinez celles qui ne passent généralement pas le cut?)
- Au moment du plan d’achat, la marque X a décidé d’entrée qu’elle ne proposerait que 20 teintes (et que les teintes pour peaux foncées ne seront en vente que sur le e-shop de la dite marque) = décision de la marque qui souhaite gagner de la place sur le stand et proposer les teintes qui se vendront le plus.
Sachez que le moindre cm2 d’un stand doit être rentable, auquel cas , il peut-être réduit sur décision du distributeur (du personnel de démonstration peut-être retiré s’il a été pourvu par le distributeur ) ou pire, le stand peut être déplacé et positionné sur la section la moins rentable du parcours client. (Lorsque vous entrez chez Sephora, quels sont les premiers stands que vous voyez? et les derniers? et ceux que vous ne noyez même pas? Tout est stratégique dans le parcours client)
Donc avant Fenty, beaucoup de marques , qui avaient dans leur catalogue, des teintes foncées, ne les intégraient pas dans leur offre distributeur car en terme de chiffres, ce n’était pas forcément les teintes qui se vendaient le plus (quantativement parlant) mais elles occupaient de la place sur le stand ou dans les stocks alors que potentiellement, d’autres références, à forte valeur, pouvaient prendre leur place; Il y a plein de raisons qui peuvent expliquer le fait que les teintes foncées ne se vendent pas (le produit est tout simplement pourri, la communication est inexistante, le conseil en magasin ne répond pas aux attentes de la clientèle noire,…)
Certaines marques refusent d’exposer certaines de leurs teintes foncées sur certaines zones (ou sites) car ils tiennent à maintenir un certain « positionnement » chez des distributeurs. C’est un point sur lequel on pourra revenir ultérieurement.
Je sais que pour certaines marques , la relation avec les distributeurs devient de plus en plus difficile, encore une fois, il suffit juste d’observer le parcours client pour s’en rendre compte, car elles ont une offre large qu’elles aimeraient exposer mais les distributeurs refusent de se soumettre à leur demande . Dans ce cas, le pouvoir revient à vous, consommateur, car vous influencez fortement les décisions prises lors des plans d’achat , et je vous recommande d’écrire (les paroles s’envolent et n’ont aucune valeur , en revanche les écrits restent et peuvent être remontées par les responsables de site) aussi bien aux directeurs de magasins que vous fréquentez pour dénoncer le manque de teintes (et faire savoir qu’il y a de la demande), au service client de l’enseigne mais aussi à la marque concernée. C’est en effet usant, mais si vous parvenez à toucher les différents acteurs vous pouvez faire bouger les choses.
Tout cela pour dire que, à moins d’avoir lu les accords ou assister personnellement aux plans d’achat et voir ce qui a été conclu entre la marque X et le distributeur Y, je pense qu’il est plus prudent de s’abstenir et de pointer du doigt qui que ce soit. Tout le monde rejette la faute sur l’autre et tient le discours qui le dédouanera au maximum mais j’ai vu des directeurs de site se battre avec le siège pour faire rentrer une marque et la marque refuser car elle ne veut pas perdre en « standing » en étant disponible sur certaines zones, j’ai vu des commerciaux de marques dénigrer le pouvoir d’achat de la clientèle noire et refuser de faire rentrer certains produits malgré la demande (car pas dans la stratégie de la marque), et nous savons comment certaines marques peuvent user de leur influence pour impacter la distribution d’une autre.
J’ai du mal avec les points de vue unilatéraux , qui ne vont propager qu’un seul aspect des choses car on tire sur des professions, des enseignes , des marques et on pointe du doigt en disant « c’est la faute de » alors que c’est bien plus complexe que ça. C’est ce qui m’a profondément gonflé pendant les débats Fenty.
Et moi dans tout ça?
J’ai toujours eu conscience que mon avis sans filtre était incompatible avec l’image « type » de la blogueuse. Je vais certainement créer une autre polémique mais je pense que certaines se cachent sous l’excuse « je ne parle que du positif » pour éviter de faire preuve d’une vraie transparence. C’est ma nature, j’ai toujours eu un peu de mal à faire semblant quand je n’étais pas totalement emballée, pour moi tout est perfectible et il n’y a rien de mal à le dire. Ne pas souligner la faille signifie valider la médiocrité. Mais j’ai conscience que le sens critique n’est pas donné à tous (ok j’arrête).
Donc encore une fois, je suis sous les attaques car je passe pour celle qui « critique gratuitement » mais , n’était-ce pas, l’essence même du blogging, raconter ses expériences en toute objectivité? A quel moment et surtout qui a décidé qu’il fallait être dans une forme de complaisance pour réussir? Je ne me retrouve plus dedans. Ma loyauté je ne la dois qu’à celui qui me fait des virements de salaire tous les mois. Pas aux marques cosmétiques. Et j’ai conscience du fait qu’en ne jouant pas le jeu, je me vois retirer de certaines listes PR ou ne pas être invitée à certains évent, mais si cela signifie garder le respect de celles qui estiment mon avis et qui me trouvent pertinente, je suis ok avec ça. Et ce n’est pas faire de la lèche à ma communauté mais respecter celles qui prennent le temps de me suivre. Je préfère avoir une communauté bienveillante et plus restreinte qu’une communauté qui attend avec impatience ma chute.
Jusqu’à un certain point.
Jusqu’au point ou je sens qu’on abuse de moi, ou des personnes malhonnêtes ont profité de moi pour faire du chiffre sans respecter leur part de l’engagement, ou l’on m’a fait de fausses promesses , ou l’on m’a utilisé et j’ai commencé à trouver le GAME malsain, prenant, épuisant et démotivant. Revenir sur le blog et répondre aux commentaires devenait une « tâche » et c’est là que j’ai compris que j’arrivais sur la fin. Quand quelque chose devient plus pénible qu’amusant et que tu te forces, il vaut mieux arrêter et reprendre son souffle.
Je n’en tire pas que du négatif, au contraire, ma plus grande réussite est d’avoir donné une autre vision du blogging car on peut être pertinente sans tomber dans le cliché ultra lisse et sans avis pour plaire aux marques (je suis en forme aujourd’hui), d’avoir aidé directement ou indirectement à prendre des décisions d’un point de vue pro, d’avoir aidé certaines d’entre vous à des entretiens, d’avoir inspiré certaines d’entre vous à vous lancer dans vos projets… Je vous l’avais annoncé sur snap et nous avions fêté la news ensemble, je prends de nouvelles fonctions prochainement, donc la fin arrivait à grand pas mais je pense qu’il est temps aujourd’hui que je prenne un peu de recul, que je retrouve ou pas la passion (sous cette forme ou une autre) mais aussi le temps de m’éloigner de cet univers qui m’a un peu dégouté. Je suis pour le juste et j’ai réalisé qu’il n’y en avait pas dans le blogging.
J’ai encore quelques articles en brouillon sur le blog donc il y aura encore du contenu jusqu’à la fin d’année, et d’ici janvier (à la date anniversaire du renouvellement de mon hébergement blog) , je verrai si je me relance ou pas, dans tous les cas, je reste dispo sur le blog en cas de questions 😉
Je vous dis à très vite!




